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La prévention du glaucome
Les résultats d’une nouvelle analyse économique pourraient être, aujourd’hui encore, en défaveur du dépistage. Le glaucome est certes un enjeu de santé publique universel : la maladie est systématiquement une des trois premières causes de cécité, y compris dans les régions défavorisées, avec 105 millions d’individus atteints de par le monde. Mais son coût ne cesse d’augmenter avec une part accrue dévolue aux traitements médicaux. Cependant, le secteur des dépenses indirectes, peu et probablement sous-évalué, pourrait faire pencher la balance économique en faveur du dépistage. De nouvelles études devraient, sur ce plan, nous éclairer.
Il n’en reste pas moins qu’une prise en charge précoce réduit considérablement la progression de la maladie.
L’ophtalmologiste est le pivot du système de prévention du glaucome

Médecin spécialiste de la globalité de la sphère oculaire, l’ophtalmologiste est seul à pouvoir porter le diagnostic de la maladie après un bilan complet, éventuellement assorti d’examens complémentaires. Il connaît les multiples présentations cliniques de l’affection et ses formes frontières, l’ensemble des facteurs de risque, l’importance de la gonioscopie [1], la notion de pression cible et l’intérêt de la pachymétrie [2]. Il évalue l’aspect papillaire et interprète les résultats périmétriques. Dans notre société urbanisée, le recul de l’illettrisme et les impératifs sociaux de la vie moderne conduisent des patients plus jeunes vers l’ophtalmologiste, au plus tard lors des premières manifestations de la presbytie, permettant d’avancer d’autant l’âge du dépistage. De nouvelles organisations du cabinet médical autorisent, avec l’assistance d’orthoptistes et grâce aux appareils non contact, la multiplication des contrôles tonométriques [3]. Mais que son exercice soit hospitalier ou libéral, l’ophtalmologiste doit réactualiser régulièrement ses connaissances. Les universitaires et le Comité de lutte contre le glaucome, notamment, assurent la formation médicale continue de l’ensemble de la profession.
Informer les autres praticiens est le rôle de l’ophtalmologiste

Relayer ces connaissances auprès du corps médical est l’une des fonctions de l’ophtalmologiste. Ce sont notamment les médecins généralistes et les médecins du travail qui sont les premiers concernés par le dépistage. Ils doivent être alertés devant un terrain vasospastique, des apnées du sommeil ou des facteurs de surcharge vasculaire (hypertension artérielle, diabète, dyslipidémie, hyperuricémie). Favoriser le dépistage dans le cadre de l’exercice de la médecine du travail constitue certainement un axe de choix pour la prévention. L’avènement de la tonométrie non contact est, pour ces praticiens, un atout supplémentaire.
Certaines entreprises emploient même des ophtalmologistes, susceptibles de parfaire le dépistage par des tests périmétriques rapides (périmétrie par Frequency Doubling Technology, programmes Top de l’appareil Octopus ou Sita du périmètre Humphrey).
Les orthoptistes sont, pour l’ophtalmologiste, des partenaires privilégiés. Une formation de qualité, notamment en périmétrie et en imagerie (rétinographie, analyse automatisée de la papille) doit leur être dispensée.
Le relais de l’information auprès du public est un axe essentiel de la prévention
Les campagnes médiatisées sont très efficaces. Le Comité de lutte contre le glaucome [4] a ainsi organisé, avec le soutien de la Société française d’ophtalmologie, une campagne nationale de dépistage et d’information sur le glaucome, du 20 mai au 12 juin 2005. Pendant un mois, un camion médicalisé a sillonné la France pour proposer un dépistage gratuit de la maladie, pouvant conduire à la recommandation d’une consultation chez l’ophtalmologiste. Plus récemment, la prévention du glaucome a été l’un des thèmes adoptés par les Ophtalmologistes de France dans le cadre du salon Forme et santé 2005 avec une action de dépistage continue pendant la durée de la manifestation et des conférences.
Les associations de patients, comme l’association France Glaucome [5], constituent également des vecteurs de choix de l’information. Averties du caractère insidieux de la maladie comme de l’importance des facteurs génétiques (avec notamment l’implication du gène de la myociline dans plusieurs formes de glaucome), elles peuvent orienter les familles de leurs adhérents vers un dépistage de l’affection.
Voir aussi : Glaucome.net
[1] Gonioscopie : évaluation de l’aspect de l’angle iridocornéen (degré d’ouverture et largeur) à l’aide du biomicroscope (lampe à fente) et d’un verre de contact à miroir.
[2] Pachymétrie : mesure de l’épaisseur cornéenne par ultrasonographie.
[3] Tonométrie : mesure de la pression intra-oculaire en millimètres de mercure, manuellement, à l’aide du tonomètre de Goldmann fixé à la lampe à fente, ou en utilisant un tonomètre "à air" automatique.
[4] Comité de lutte contre le glaucome : http://www.clg-glaucome.net/
[5] Association France Glaucome : http://monsite.wanadoo.fr/france_glaucome/
Cela me laisse un drôle de gout, mais je pense qu’il faut lire pupille cf copie ci-aprés
"rétinographie, analyse automatisée de la papille doit leur être dispensée."
Bonjour,
C’est bien de papille dont il s’agit et non de pupille. On appelle papille la tête du nerf optique au niveau du globe oculaire.