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Publié le : 26 mars 2004
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Auteur :
Dominique Dupagne

Dominique Dupagne
E-santé, morne plaine

Dure tâche que celle de chroniqueur Internet. Chaque mois qui passe ou presque voit disparaître un site tandis que les nouveautés se font attendre.

Depuis que le monde de l’argent dédaigne le Net, un grand silence règne sur le paysage internet médical (PIM).

Par certains côtés, c’est une bonne chose, car le réseau n’a pas été conçu initialement pour faire de l’argent, mais pour communiquer facilement à peu de frais.

L’argent n’est pas sale ni honteux et gagner sa vie est un but noble. Mais malgré la faillite de la quasi totalité des dotcoms des années 1999-2000, il règne encore sur le Net un malentendu majeur : il n’y aurait pas de projet viable sans modèle économique.

Et pourtant, personne ne se demande si le monde des collectionneurs de timbres ou si les scouts ont un business model viable !

Il faut se rendre à l’évidence, l’e-santé de demain sera la réunion de quelques rares réussites économiques comme Doctissimo, de sites subventionnés de qualité comme le CHU de Rouen (si l’on ne tient pas compte des couleurs smiley ), de sites institutionnels comme Santé.fr ou Ameli, mais aussi et surtout d’une myriade d’initiatives personnelles [1].

Ces initiatives peuvent être le fait de particuliers ou de professionnels de santé. Ces derniers, souvent membres de notre association, transforment leur passion en service pour la collectivité. Leur oeuvre peut être colossale ou limitée à quelques pages, mais elle participe à la toile et au millions de pages qui laissent rarement une question sans réponse.

Si chacun, dans quelque domaine que ce soit, livrait la pointe de son expertise en quelques pages, la masse de connaissance constituée serait supérieure à tout ce qui a jamais été publié. Reste à finaliser les outils pour le permettre et à trouver une solution pour la validation de ces contenus.

C’est ainsi que progressera l’e-santé, en attendant le jour ou les pouvoirs publics décideront d’orienter leurs moyens (considérables) vers la généralisation de la culture médicale à la portée de tous, au lieu d’imprimer des affiches ou des plaquettes qui encombrent les poubelles.

 

[1] on notera l’absence de l’industrie pharmaceutique dans cette liste, bridée par une réglementation qui l’empêche tout simplement de faire un internet de santé utilisable




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