La gonorrhée (également appelée blennorragie ou chaude-pisse)

La gonorrhée, connue sous divers noms : blennorragie, gonococcie, castapiane ou encore chaude-pisse dans le langage familier est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues dans le monde. C’est un diplocoque découvert par Albert Neisser en 1879 qui en est l’agent infectieux. Du nom de ce scientifique, on a nommé cette bactérie Neisseria gonorrhoeae ou gonocoque de Neisser.

 

La Gonorrhée

 

Principaux symptômes

Les symptômes de la gonorrhée touchent en général les organes génitaux. Mais selon les pratiques sexuelles, ils peuvent aussi se manifester au niveau du rectum ou de la gorge sous forme de rougeur ou d’irritation. La conjonctivite, un trouble de l’œil très répandu, peut également apparaître.

Chez l’homme

Chez l’homme, les signes commencent en général à se voir 2 à 14 jours après la contamination par la bactérie. Dans certains cas, ils n’apparaissent que plusieurs mois plus tard. Au début, le malade ressent des démangeaisons au niveau du méat urinaire, puis des sensations de brûlure intense lors de la miction d’où son nom « chaude-pisse ». Or, il a un besoin fréquent d’uriner. On observe alors à ce moment-là un écoulement abondant de pus jaunes ou verdâtres à l’extrémité du pénis. Parfois, les testicules enflent et deviennent même douloureux. Dans certains cas, les symptômes peuvent être inexistants chez certains sujets, mais ils restent tout de même toujours contagieux.

Chez la femme

Chez la femme, l’incubation est de 2 à 21 jours. Au début, l’infection est silencieuse, car elle est indolore, mais la malade peut déjà avoir contaminé son partenaire. Par la suite, la gonococcique sécrète des pertes vaginales de couleur jaune et verte, parfois accompagnées de sang. Par ailleurs ces écoulements ont une odeur assez désagréable. Des picotements urinaires, des brûlures pendant les rapports sexuels et de vagues maux de ventre sont aussi constatés chez certaines femmes atteintes de la gonococcie.

Chez le bébé

Les nourrissons peuvent également en être infectés. Dans ce cas, la blennorragie se traduit par des conjonctivites purulentes.

Si cette infection n’est pas traitée ou est mal traitée, elle peut présenter un certain nombre de complications comme l’épididymite et la prostatite chez l’homme. Chez la femme, les complications se caractérisent par des maux de ventre chroniques, une endométrite (infection de l’endomètre) et une salpingite (infection d’une ou des deux trompes utérines). Dans les deux cas, le risque de stérilité est considérable. Chez la femme, elle entraîne parfois un accouchement prématuré ou une grossesse extra-utérine. En plus, les sujets infectés sont exposés à un grand risque d’infection par le VIH/sida.

Modes de transmission

En tant que MST, la gonorrhée se transmet par le biais des rapports sexuels vaginaux non protégés faits avec un homme ou une femme infectés. De même, les rapports buccogénitaux et les rapports anaux peuvent être contaminants. Attention également aux vêtements des personnes infectées ainsi que la fréquentation des toilettes publiques, car ces types de contact sont de fréquents modes de transmission de la maladie. Par ailleurs, la gonococcie se transmet en même temps de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement.

Profil type des personnes (sexe, âge, condition médicale) les plus touchées

La gonorrhée affecte les deux sexes, homme et femme. Cependant, la contamination est plus fréquente chez le premier dans la population hétérosexuelle. Au Royaume-Uni par exemple, on compte 1,3 homme infecté pour 1 femme touchée par la maladie.

Par ailleurs, la tranche d’âge la plus affectée par la gonococcie est celle des 29 à 34 chez l’homme. En revanche, ce sont les femmes âgées de 19 à 24 ans qui sont les plus concernées. Mais attention, les autres tranches ne sont pas hors de risque !

Notons également que les personnes particulièrement à risque sont celles qui ont des rapports sexuels non protégés ou avec plusieurs partenaires. Il en est de même pour les personnes ayant des antécédents d’infection par d’autres IST ainsi que les hommes homosexuels.

Le dépistage de la gonorrhée

L’unique moyen de diagnostiquer avec certitude la contamination par le gonocoque est l’analyse microscopique de prélèvement de sécrétions au niveau des organes génitaux. Chez l’homme, on prélèvera ainsi un peu du pus s’écoulant à l’extrémité de sa verge. On peut également analyser un peu d’urine prélevée du premier jet.

Chez la femme, on analyse soit l’urine soit des sécrétions vaginales. Cet examen est nécessaire avant d’entamer le traitement. Au cas où d’autres organes ont été infectés comme l’urètre, le rectum, ou la gorge, il faudra effectuer les prélèvements à ces niveaux.

 

Traitements médicaux ou vaccins répertoriés

Avant de parler du traitement, il existe avant tout plusieurs méthodes de prévention :

  • Se protéger avec des condoms, car le ou la partenaire sexuel(le) peut être infecté(e) sans le savoir. En plus, cela permet de se protéger contre tous types d’infections sexuellement transmissibles ;
  • Consulter immédiatement un médecin en cas de doute sur la contamination (écoulement, brûlure, démangeaison);
  • Se faire examiner et traiter par la suite si besoin, une fois l’infection dépistée ;
  • Procéder à un dépistage annuel des IST de toutes les personnes ayant eu plusieurs partenaires sexuels (plus de 5 par an).

Jusqu’à présent, il n’existe pas encore de vaccin contre la blennorragie.

En ce qui concerne le traitement, il se base sur l’administration d’antibiotiques (antibiothérapie) à dose unique par voie orale ou par injection intramusculaire : traitement « minute ». Néanmoins, dans certains cas, un traitement un peu plus long est nécessaire. Les personnes gonococciques obtiennent souvent un traitement contre les chlamydies, car cette bactérie et le gonocoque de Neisser sont la plupart du temps associés.

Pendant le traitement et dans les semaines qui le suivent, le patient est amené à s’abstenir de tous types de rapports sexuels. Le traitement administré à temps, la guérison est rapide et sans séquelle. Face à cela, la médecine traditionnelle n’a pas encore fait ses preuves.

 

Chiffres ou données chiffrées par rapport à la maladie

La gonorrhée est une infection qui touche de nombreuses personnes à l’échelle mondiale. Au Canada par exemple, on a recensé près de 10 000 cas de contamination en 2010. Quant à la Suisse, elle affiche une tendance à la hausse ces dernières années. Notons que dans ce pays, les hommes représentent la majorité des cas signalés, soit 80 %.

En France, le chiffre exact de cas annuels n’est pas déterminé. Cependant, on peut affirmer que le gonocoque de Neisser tient la seconde place en tant que cause d’IST (infections sexuellement transmissibles) dans ce pays. Et depuis 1998, on sait que la fréquence des blennorragiques français augmente de façon considérable : on signale 15 à 20 000 nouveaux cas chaque année. De 2008 à 2009, la statique annuelle a connu une hausse de 50 %.