Diarrhée

La diarrhée est un problème intestinal lié à de nombreuses causes, la plus connue étant l’intoxication alimentaire. Elle est le plus souvent sans gravité, mais peut tout de même provoquer des complications lorsqu’elle persiste. Caractérisée par des selles liquides ou trop molles, elle peut être aiguë ou chronique et peut nécessiter un traitement médicamenteux.

La diarrhée, qu’est-ce que c’est ?

La diarrhée n’est pas une maladie, mais un symptôme aigu ou chronique qui se manifeste à tout âge, du nourrisson à l’adulte. Elle est liée à de multiples facteurs (intolérance alimentaire, poussée dentaire chez les bébés, stress, fatigue…) ou à un autre trouble tel que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse par exemple. Résultat : les selles deviennent extrêmement molles, voire liquides, parfois accompagnées de douleurs abdominales.

Encore une fois, tout le monde est concerné à raison de 3 à 5 fois par an, et de 1 à 3 fois chez les enfants de moins de 5 ans. À l’échelle mondiale, elle représente la deuxième cause de mortalité infantile dans les pays sous-développés, contrairement aux pays industrialisés où elle est très rare.

Enfin, le principal risque de complication est la déshydratation, parfois très sévère, principalement lorsque le malade attrape le choléra. Elle ne devra donc pas être sous-estimée puisqu’elle peut faire perdre jusqu’à plus de 20 litres de fluide par jour à l’organisme.

Pourquoi a-t-on la diarrhée ?

Ce problème de transit intestinal se présente dans l’un ou l’ensemble des trois cas suivants :
Les intestins n’arrivent pas à absorber le liquide contenu dans les selles ;
Le transit intestinal s’accélère, ce qui bloque l’assèchement des matières fécales ;
L’eau et les sels minéraux provenant du corps transitent anormalement dans la paroi des intestins.

Ces mécanismes sont le plus souvent provoqués par une intolérance à certains aliments ou à une intoxication alimentaire, notamment l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (par la salmonelle dans la volaille, la bactérie Escherichia coli dans la viande…).

N’oublions pas non plus que la diarrhée peut résulter d’un problème psychologique tel que l’anxiété ou le stress.

Hormis ces principales causes, le symptôme diarrhéique peut aussi être dû à :

  • Une maladie intestinale telle que la maladie de Crohn, le syndrome de l’intestin irritable ou encore la maladie cœliaque (l’intolérance au gluten). Dans ce cas, la diarrhée est généralement chronique ;
  • Une gastroentérite virale ;
  • Des effets secondaires d’antibiotiques, notamment l’altération de la flore intestinale qui pénalise la capacité d’absorption du liquide contenu dans les selles par la paroi des intestins. Selon le type d’antibiotique ingéré, le malade attrape la diarrhée dans 5 à 30% des cas ;
  • Une hyperthyroïdie, une trop grande sécrétion d’hormones thyroïdiennes dans l’organisme ;
  • Une intolérance à certains composants d’aliments tels que le lactose, les féculents ou le gras. Dans ce cas, le problème se situe au niveau de la digestion ou de l’absorption ;
  • Une infection virale ou bactérienne, souvent provoquée par la salmonelle ou le rotavirus, surtout chez les enfants ;
  • Un parasite intestinal, principalement lorsqu’on voyage. Ce type de diarrhée, également appelé « tourista » ou diarrhée des voyageurs touche chaque année 20 à 50% des voyageurs, surtout ceux qui se rendent en Afrique, en Asie, en Amérique latine ou au Moyen-Orient ;
  • Des effets secondaires d’antihypertenseurs ou de certains médicaments contenant du magnésium ;
  • Une chimiothérapie ou une radiothérapie.

Comment se manifeste-t-elle ?

La diarrhée, qu’elle soit aiguë ou chronique, se caractérise par des selles liquides ou molles, accompagnée ou non de douleurs abdominales, de sensations de ballonnement ou de nausées. Certains peuvent même avoir la fièvre, des frissons, des sensations de faiblesse ou de tête légère lorsque le problème persiste durant plusieurs jours. Cet état est lié à une perte de sucre, d’eau et de minéraux dont l’organisme a pourtant besoin.

La diarrhée aiguë

C’est la forme la plus habituelle de la diarrhée. Elle est caractérisée par le passage brutal de selles « normales » aux selles abondantes, hydriques, non moulées et très fréquentes. L’émission s’effectue très rapidement et s’accompagne de vomissements ou de douleurs abdominales. Lorsqu’elle est associée à des selles sanguinolentes et à de la fièvre, elle est due à des parasites ou à une infection potentiellement grave.

La diarrhée chronique

Celle-ci se caractérise par le passage de plus de 300 g de selles toutes les 24 heures, à fréquence élevée (plus de 3 fois/jour), à forte teneur en eau, et ce, pendant au moins trois semaines. Elle dure en moyenne deux à trois mois et se distingue de la diarrhée aiguë par les signes suivants :

  • Une omniprésence : manifestation de jour comme de nuit ;
  • Une émission impérieuse (non contrôlée) ;
  • Des répercussions sur le poids ;
  • Des symptômes cliniques abdominaux tels que des ballonnements ou des douleurs. Ceux-ci vont diriger le diagnostic ;
  • Des selles décolorées, grasses, parfois sanguinolentes et sans matières. Elles peuvent également contenir les aliments du jour.

Pour connaitre les réelles causes de la diarrhée chronique ainsi que le traitement à adopter, le diagnostic seul ne suffit pas. Le médecin devra effectuer des examens complémentaires comme un bilan immunologique, infectieux ou inflammatoire, une fibroscopie digestive ou une coloscopie… Les examens peuvent également être plus complets avec notamment un scanner abdominopelvien.

Quand consulter ?

La diarrhée est généralement bénigne, mais certains signes peuvent cacher des infections potentiellement graves ou provoquer des complications. Lorsque cela arrive chez les tout-petits, notamment chez les nourrissons ou lorsqu’un enfant n’a pas uriné depuis 6 heures, il est indispensable de le faire suivre par un pédiatre.

Il faudra également consulter au plus vite un médecin lorsque les cas suivants se présentent :

  • Une diarrhée de plus de 2 jours avec des émissions abondantes (plus de 10 selles/jour) ;
  • Une fièvre de 38,5°C ou plus ;
  • Des crampes abdominales très douloureuses ;
  • Des selles sanguinolentes ;
  • Des vomissements qui ne permettent pas d’avaler du liquide ;
  • Des signes de déshydratation, principalement chez les enfants en bas âge ou les séniors ;
  • Une diarrhée chronique.

Les complications possibles

La déshydratation est le principal risque de la diarrhée. Si elle n’est pas traitée à temps et de la bonne manière, elle peut même provoquer le décès. La déshydratation due à la diarrhée est d’ailleurs l’une des principales causes du décès infantile dans les pays sous-développés.

Par ailleurs, les personnes qui prennent certains antibiotiques peuvent également avoir la diarrhée, celle-ci pouvant s’aggraver lorsqu’elle est associée à une infection bactérienne au Clostridium difficile. Cette bactérie évolue dans les intestins lorsque la flore intestinale est affaiblie. En sécrétant deux toxines (A et B), elle réduit l’absorption de liquide dans les intestins et accélère le transit intestinal, d’où une importante diarrhée. Cette bactérie serait à l’origine du tiers des diarrhées associées à une antibiothérapie, mais les complications sont plus rares. Lorsque les selles molles persistent ou s’aggravent alors que l’antibiothérapie est terminée, il faudra rapidement consulter un médecin.

Les traitements pour la diarrhée

Un repos de 1 ou 2 jours et quelques changements alimentaires suffisent généralement à traiter la diarrhée aiguë. Toutefois, pour soulager les symptômes douloureux ou désagréables, il existe plusieurs médicaments comme le Lopéramide. Cet anti diarrhéique qui agit au niveau de l’entérocyte (les cellules les plus internes de l’intestin grêle) en stimulant l’absorption d’eau et d’électrolytes pour rendre les selles moins liquides. Il permet également de ralentir le transit intestinal en diminuant les contractions musculaires spontanées de l’intestin. Il est prescrit, seul, en complément des mesures diététiques et des solutions de réhydratation. Le médecin peut l’associer au siméticone (anti flatulent) pour les patients de plus de 12 ans qui souffrent également de douleurs spasmodiques, de ballonnements ou de flatulence.

Autre médicament efficace pour traiter la diarrhée : le sirop Imodium à base de Lopéramide, décliné en solution pour adulte et pour enfant de 2 à 8 ans. Il vise à soulager immédiatement les symptômes de la diarrhée en ralentissant les mouvements de l’intestin et en favorisant l’absorption d’eau. Le sirop Imodium est plutôt utilisé pour traiter la diarrhée aiguë chez les enfants de plus de 4 ans et la diarrhée chronique chez les adultes.

Notez que des mesures diététiques associées aux solutions de réhydratation et au traitement au Lopéramide ou au sirop Imodium suffisent à soulager la diarrhée chronique et à éviter qu’elle n’empire.

Les aliments contre la diarrhée

En cas de diarrhée, le plus important est de pouvoir atténuer, voire éliminer les symptômes tout en évitant les complications. Certains aliments sont notamment à éviter puisqu’ils peuvent aggraver l’état de santé :
Les légumes crus ;
Les plats épicés ;
Les friandises ;
Les produits laitiers ;
Les aliments riches en gras tel que les fritures ou en fibres (maïs) ;
Les aliments composés de farine de blé comme le pain, la pizza, les pâtes… ;
Les fruits, sauf la banane. Celle-ci peut alléger les symptômes de la diarrhée.

En revanche, certains aliments permettent d’atténuer les symptômes et d’éviter les complications comme :
Les féculents comme le riz blanc ;
Les craquelins, le pain blanc ;
Les céréales sans sucre.

Ces aliments peuvent cependant provoquer de faibles malaises, mais mieux vaut toujours continuer à en manger plutôt que de rester sur sa faim. De plus, il est possible de réintroduire petit à petit ceux qui étaient déconseillés notamment les légumes (concombre, courge, pommes de terre), les protéines (œuf, poisson, viande maigre, fromage…) ainsi que le yogourt.

Comment prévenir les cas de déshydratation ?

Il est naturellement recommandé de boire au moins 1 à 2 litres de liquide par jour, notamment de l’eau, de l’eau de riz, du thé clair, de soda sans caféine ou de bouillons (légumes ou viande maigre). Les boissons contenant de la caféine et de l’alcool sont interdites, car elles favorisent la perte de sels minéraux et d’eau. Il faut également éviter de boire trop de boissons gazeuses puisque le sucre qu’elles contiennent peut aggraver la diarrhée.

Par ailleurs, des solutions de déshydratation sont vendues en pharmacie pour réhydrater le corps, surtout pour les voyageurs victimes de graves diarrhées.